Le prêt à taux zéro (PTZ) est un prêt sans intérêts, accordé par les banques et financé par l'État, qui complète le crédit principal des primo-accédants achetant leur résidence principale, sous conditions de ressources. Depuis le 1er avril 2025, il peut financer l'achat d'un logement neuf, appartement ou maison individuelle, sur l'ensemble du territoire, ainsi que l'achat d'un logement ancien avec travaux importants dans les communes classées en zones B2 et C. Le dispositif est prévu jusqu'au 31 décembre 2027.
Le projet de loi de finances pour 2027, déposé le 1er octobre, propose d'y ajouter un « PTZ parentalité » destiné aux ménages attendant ou élevant un jeune enfant, y compris lorsqu'ils sont déjà propriétaires. Voici les règles en vigueur en 2026 et ce qui pourrait changer.
Qui peut bénéficier du PTZ
Le PTZ est réservé aux primo-accédants, c'est-à-dire aux personnes qui n'ont pas été propriétaires de leur résidence principale au cours des deux années précédant l'offre de prêt. Des exceptions existent, notamment pour les titulaires d'une carte d'invalidité, les bénéficiaires de certaines allocations liées au handicap et les victimes de catastrophes ayant rendu leur logement inhabitable.
Le logement financé doit devenir la résidence principale de l'emprunteur dans un délai d'un an après l'achat ou l'achèvement des travaux, et le rester pendant au moins six ans, sauf exceptions.
Les revenus du ménage ne doivent pas dépasser des plafonds fixés selon la zone géographique du logement et le nombre de personnes qui l'occuperont. Le revenu retenu est le revenu fiscal de référence de l'année N-2 : pour une offre émise en 2026, celui de 2024, figurant sur l'avis d'imposition reçu en 2025.
Quels logements sont éligibles
| Type d'opération | Zones concernées |
|---|---|
| Achat d'un appartement neuf ou en VEFA | toutes les zones |
| Achat ou construction d'une maison individuelle neuve | toutes les zones |
| Achat d'un logement ancien avec travaux | zones B2 et C |
| Achat d'un logement social par son occupant | toutes les zones |
L'élargissement intervenu au 1er avril 2025 a mis fin à la restriction qui réservait le PTZ neuf aux appartements situés en zones tendues. Les maisons individuelles neuves sont de nouveau éligibles partout, ce qui a été salué par les constructeurs.
Pour l'ancien, les travaux doivent représenter au moins 25 % du coût total de l'opération. Le logement doit atteindre après travaux une performance énergétique minimale, attestée par un diagnostic.
Les plafonds de revenus
Les plafonds sont exprimés pour une personne, puis multipliés par un coefficient selon la taille du ménage.
| Zone | Plafond pour 1 personne | Plafond pour 2 personnes | Plafond pour 3 personnes | Plafond pour 4 personnes |
|---|---|---|---|---|
| A et A bis | 49 000 € | 73 500 € | 88 200 € | 102 900 € |
| B1 | 34 500 € | 51 750 € | 62 100 € | 72 450 € |
| B2 | 31 500 € | 47 250 € | 56 700 € | 66 150 € |
| C | 28 500 € | 42 750 € | 51 300 € | 59 850 € |
Ces plafonds déterminent l'éligibilité, mais aussi la tranche de revenus du ménage, dont dépendent le montant du PTZ et ses conditions de remboursement. Le zonage A, B1, B2 et C, fixé par arrêté, classe les communes selon la tension du marché immobilier.
Comment est calculé le montant
Le montant du PTZ est égal à un pourcentage, appelé quotité, du coût de l'opération retenu dans la limite d'un plafond.
Le plafond du coût de l'opération
Le coût total de l'opération (prix d'achat, travaux, frais annexes) est retenu dans la limite d'un plafond qui dépend de la zone et du nombre d'occupants. Pour une personne seule, il est de 150 000 euros en zone A, 135 000 euros en zone B1, 110 000 euros en zone B2 et 100 000 euros en zone C, puis augmenté selon la taille du ménage.
La quotité
La quotité dépend du type de logement et de la tranche de revenus du ménage. Elle est plus élevée pour les appartements neufs et les logements anciens rénovés que pour les maisons individuelles neuves, et diminue à mesure que les revenus augmentent. Selon les barèmes publiés, elle varie de 50 % pour les ménages les plus modestes achetant un appartement neuf ou un logement ancien avec travaux, à 10 % pour les ménages de la dernière tranche achetant une maison individuelle neuve.
Un exemple
Un couple avec un enfant achète un appartement neuf de 250 000 euros en zone B1. Le plafond du coût de l'opération pour trois personnes dans cette zone s'élève à environ 229 500 euros. Si le ménage relève d'une tranche lui ouvrant une quotité de 40 %, le PTZ atteint 40 % de 229 500 euros, soit environ 91 800 euros. Le reste de l'achat est financé par l'apport et un prêt classique.
Les montants exacts dépendent de la tranche de revenus et doivent être vérifiés avec la banque ou à l'aide du simulateur officiel.
Le remboursement : un différé pour les plus modestes
Le PTZ se rembourse sur une durée totale qui peut atteindre 20 à 25 ans. Pour les ménages des premières tranches de revenus, il comporte une période de différé pendant laquelle aucun remboursement n'est dû, de 5 à 15 ans selon la tranche. Les ménages de la tranche la plus élevée remboursent dès le départ.
Le différé allège les mensualités pendant les premières années, au moment où le crédit principal est le plus lourd. Il est pris en compte dans le calcul du taux d'endettement par la banque. Les règles de capacité d'emprunt sont détaillées dans notre rubrique Crédit & Financement.
Le PTZ ne finance jamais tout l'achat
Le PTZ est toujours complémentaire : il doit être associé à un ou plusieurs autres prêts d'une durée au moins égale à deux ans, et son montant ne peut pas dépasser celui de ces autres prêts.
Il est distribué par les banques ayant signé une convention avec l'État. Une banque n'est pas obligée de l'accorder : elle apprécie la solvabilité du ménage sur l'ensemble du plan de financement.
Le projet de PTZ parentalité
Le projet de loi de finances pour 2027 propose de créer une nouvelle variante du PTZ destinée aux jeunes parents. Selon la version déposée par le gouvernement :
- les ménages attendant un enfant ou ayant à charge au moins un enfant de moins de trois ans au moment de l'offre de prêt pourraient en bénéficier ;
- la condition de primo-accession serait levée dans ce cas, permettant à des ménages déjà propriétaires d'en profiter une fois, sous conditions de ressources ;
- le plafond de dépenses annuelles consacrées au PTZ, en vigueur depuis plusieurs années, serait supprimé ;
- les modalités pratiques seraient fixées par voie réglementaire.
Ce dispositif doit encore être examiné par le Parlement, à partir de la mi-octobre, et ses paramètres peuvent évoluer au cours des débats. Le calendrier d'examen du budget est suivi dans notre rubrique Crédit & Financement.
Les autres dispositifs d'aide à l'accession
Le PTZ peut être combiné avec d'autres dispositifs, qui s'adressent eux aussi aux ménages aux revenus modestes ou intermédiaires.
Le prêt d'accession sociale (PAS). Prêt conventionné accordé sous conditions de ressources, il permet de financer l'achat d'une résidence principale à des conditions encadrées et ouvre droit, sous conditions, à l'aide personnalisée au logement. Les frais de dossier et de garantie y sont plafonnés.
Le prêt Action Logement. Les salariés des entreprises du secteur privé non agricole d'au moins dix salariés peuvent, sous conditions, obtenir un prêt complémentaire à taux réduit pour l'achat de leur résidence principale.
Le bail réel solidaire (BRS). Ce dispositif dissocie le foncier, conservé par un organisme de foncier solidaire, et le bâti, acheté par le ménage. Le prix d'achat est ainsi nettement inférieur au prix du marché, en contrepartie d'une redevance foncière mensuelle et d'un encadrement du prix de revente. Il est réservé aux ménages sous plafonds de ressources et se développe dans les grandes agglomérations.
La location-accession (PSLA). Le ménage occupe d'abord le logement comme locataire, en versant une redevance dont une partie constitue un apport, puis lève l'option d'achat dans un délai défini. Il bénéficie d'une TVA réduite et d'une exonération temporaire de taxe foncière.
Les aides des collectivités. Certaines communes, intercommunalités ou régions proposent des prêts à taux zéro complémentaires ou des subventions à l'accession, sous conditions.
Ces dispositifs, souvent méconnus, peuvent réduire significativement le coût d'un premier achat. Les étapes d'un achat sont présentées dans notre rubrique Achat & Vente.
Le PTZ dans le contexte du marché
L'élargissement du PTZ aux maisons neuves et à l'ensemble du territoire n'a pas suffi à enrayer la baisse des ventes de logements neufs : selon la Fédération des promoteurs immobiliers, les ventes au premier semestre 2026 ont atteint un point bas historique. La remontée des taux de crédit et l'incertitude économique pèsent davantage que les conditions d'accès au PTZ. Pour les ménages éligibles, il reste néanmoins un levier important pour réduire le coût global du financement, en particulier lorsque les taux remontent. L'actualité du logement neuf est suivie dans notre rubrique Neuf & Construction.
Questions fréquentes
Qui peut bénéficier du PTZ en 2026 ?
Les primo-accédants, c'est-à-dire les personnes non propriétaires de leur résidence principale depuis deux ans, dont les revenus respectent les plafonds fixés selon la zone et la taille du ménage, pour l'achat de leur résidence principale.
Le PTZ finance-t-il une maison neuve ?
Oui. Depuis le 1er avril 2025, le PTZ peut financer l'achat ou la construction d'une maison individuelle neuve sur l'ensemble du territoire.
Peut-on obtenir un PTZ pour un logement ancien ?
Oui, dans les communes classées en zones B2 et C, à condition que des travaux représentant au moins 25 % du coût total de l'opération soient réalisés.
Quel est le montant maximal du PTZ ?
Il dépend de la zone, de la taille du ménage, du type de logement et de la tranche de revenus. Il correspond à une quotité de 10 à 50 % du coût de l'opération, retenu dans la limite d'un plafond.
Jusqu'à quand le PTZ existe-t-il ?
Le dispositif est prévu jusqu'au 31 décembre 2027. Le projet de budget pour 2027 propose d'y ajouter un PTZ destiné aux jeunes parents.
Le PTZ est-il pris en compte dans le taux d'endettement ?
Oui. Ses éventuelles mensualités sont intégrées dans le calcul du taux d'endettement, mais le différé de remboursement dont bénéficient les ménages modestes allège la charge des premières années.
Comment savoir dans quelle zone se situe un logement ?
Le classement des communes en zones A bis, A, B1, B2 et C est fixé par arrêté et peut être consulté sur le site du ministère chargé du logement ou à l'aide des simulateurs en ligne. Il a été révisé à plusieurs reprises ces dernières années, ce qui justifie de vérifier la zone en vigueur au moment de l'offre de prêt.
Le PTZ peut-il financer un investissement locatif ?
Non. Le PTZ est réservé à l'achat de la résidence principale de l'emprunteur, qui doit l'occuper pendant au moins six ans, sauf exceptions comme une mutation professionnelle.





