La revalorisation forfaitaire des valeurs locatives, qui sert de base au calcul de la taxe foncière, est fixée à 0,8 % pour 2026. C'est deux fois moins qu'en 2025 (+1,7 %) et très loin des hausses de 2023 (+7,1 %) et 2024 (+3,9 %). Les avis sont mis en ligne à partir du 27 août pour les propriétaires qui ne sont pas mensualisés, et le paiement est attendu au 15 octobre, ou au 20 octobre en cas de règlement en ligne.

Cette modération nationale ne garantit pas une facture stable. La taxe foncière résulte de la multiplication d'une base par des taux votés localement : si votre commune ou votre intercommunalité a relevé ses taux, ou si votre logement a changé (agrandissement, piscine, véranda), la hausse peut être bien supérieure à 0,8 %. Voici comment lire votre avis, vérifier le calcul et respecter le calendrier.

Mise à jour du 3 novembre 2026. Les dates limites de paiement de la taxe foncière 2026 sont passées : 15 octobre pour un paiement par chèque ou en espèces, 20 octobre pour un paiement en ligne ou par prélèvement à l'échéance. Un paiement tardif entraîne en principe une majoration de 10 %. Les propriétaires qui n'ont pas encore réglé leur avis doivent le faire sans attendre, ou contacter leur centre des finances publiques en cas de difficulté. L'adhésion à la mensualisation pour 2027 reste possible jusqu'au 15 décembre.

Une revalorisation de 0,8 % en 2026, la plus faible depuis 2021

La hausse automatique des bases d'imposition n'est pas décidée chaque année par le Parlement. Depuis 2018, l'article 1518 bis du code général des impôts l'indexe sur l'inflation : le coefficient correspond à l'évolution sur un an de l'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) du mois de novembre précédent. En novembre 2025, l'IPCH progressait de 0,8 % sur un an. Le coefficient applicable en 2026 est donc de 1,008.

Ce mécanisme explique les fortes variations des dernières années. Avec le pic d'inflation, les bases avaient bondi de 7,1 % en 2023, puis de 3,9 % en 2024. Le reflux des prix a ramené la revalorisation à 1,7 % en 2025, puis à 0,8 % en 2026.

Année Revalorisation forfaitaire des bases
2023 +7,1 %
2024 +3,9 %
2025 +1,7 %
2026 +0,8 %

Pour un propriétaire dont la commune n'a touché ni à ses taux ni aux caractéristiques de son bien, la taxe foncière 2026 augmente donc mécaniquement de 0,8 %. Sur une taxe de 1 200 euros en 2025, cela représente environ 10 euros de plus.

Comment se calcule la taxe foncière

La taxe foncière sur les propriétés bâties repose sur la valeur locative cadastrale du logement, c'est-à-dire le loyer annuel théorique que le bien pourrait produire, évalué par l'administration fiscale. Cette valeur est ensuite réduite d'un abattement forfaitaire de 50 % pour tenir compte des frais d'entretien et d'assurance. On obtient le revenu cadastral, qui constitue la base d'imposition.

Cette base est multipliée par les taux votés par chaque collectivité :

  • le taux communal, qui intègre depuis 2021 l'ancienne part départementale ;
  • le taux intercommunal, lorsque l'intercommunalité en vote un ;
  • éventuellement des taxes annexes : taxe spéciale d'équipement, taxe pour la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations (Gemapi).

À ces taxes s'ajoute très souvent la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM), qui figure sur le même avis mais finance le service de collection des déchets. Dans de nombreuses communes, elle représente une part importante de la somme à payer.

Un exemple chiffré

Prenons un appartement dont la valeur locative cadastrale s'élevait à 4 000 euros en 2025. En 2026, elle passe à 4 032 euros après revalorisation de 0,8 %. Après l'abattement de 50 %, la base imposable est de 2 016 euros.

Élément Montant
Valeur locative 2026 4 032 €
Base imposable (50 %) 2 016 €
Taux communal hypothétique de 45 % 907 €
Taux intercommunal hypothétique de 3 % 60 €
Total hors TEOM 967 €

Si la commune relève son taux de 45 % à 47 %, la part communale passe à 948 euros. La hausse totale dépasse alors 5 %, bien au-delà de la revalorisation nationale. C'est pourquoi la première chose à vérifier sur l'avis est la colonne qui compare les taux de l'année précédente et ceux de l'année en cours.

Le calendrier 2026 : avis, paiement, mensualisation

Le calendrier diffère selon que vous êtes mensualisé ou non.

Étape Date 2026
Avis en ligne pour les contribuables non mensualisés à partir du 27 août
Avis en ligne pour les contribuables mensualisés à partir du 19 septembre
Date limite de paiement (chèque, espèces, carte en buraliste) 15 octobre
Date limite de paiement en ligne ou par prélèvement à l'échéance 20 octobre
Adhésion à la mensualisation pour 2027 jusqu'au 15 décembre

Les avis sont consultables dans l'espace particulier du site impots.gouv.fr. Les propriétaires qui ont opté pour la dématérialisation ne reçoivent plus d'avis papier : il faut donc penser à se connecter, l'absence de courrier ne dispensant pas du paiement.

Au-delà de 300 euros, le paiement doit obligatoirement être effectué par un moyen dématérialisé : paiement en ligne, prélèvement à l'échéance ou mensualisation. En cas de retard, une majoration de 10 % s'applique sur les sommes restant dues.

Mensualisé : ce qui se passe à l'automne

Pour les propriétaires mensualisés, les prélèvements de janvier à septembre ou octobre ont été calculés sur la base de la taxe de l'année précédente. L'avis de septembre indique le montant définitif et le solde à régler sur les derniers prélèvements de l'année. Si la taxe 2026 est en hausse, les dernières mensualités sont plus élevées. Si elle est en baisse, les prélèvements s'arrêtent plus tôt, et un éventuel trop-perçu est remboursé.

Pourquoi votre taxe peut augmenter bien plus que 0,8 %

Trois facteurs expliquent les écarts entre la revalorisation nationale et la hausse réellement constatée sur un avis.

La hausse des taux votés par les collectivités

Les communes et intercommunalités fixent leurs taux chaque printemps lors du vote de leur budget. Depuis la suppression de la taxe d'habitation sur les résidences principales, la taxe foncière est devenue la principale ressource fiscale directe des communes. Plusieurs grandes villes l'ont fortement relevée ces dernières années. Les taux 2026 de votre commune figurent sur votre avis, à côté de ceux de 2025.

Les modifications de votre bien

Toute construction nouvelle, tout agrandissement, toute transformation (aménagement de combles, véranda, garage transformé en pièce) ou tout équipement comme une piscine augmente la valeur locative. Ces changements doivent être déclarés dans les 90 jours suivant leur achèvement, via le service « Gérer mes biens immobiliers » sur impots.gouv.fr. L'administration fiscale utilise par ailleurs l'analyse d'images aériennes pour repérer les piscines non déclarées.

La fin d'une exonération temporaire

Les constructions neuves bénéficient d'une exonération de deux ans de la part communale, que les communes peuvent supprimer ou limiter. Un propriétaire d'un logement achevé en 2023 ou 2024 peut donc voir arriver en 2026 sa première taxe foncière pleine, alors qu'il ne payait qu'une partie les années précédentes.

Les exonérations et allègements à connaître

Plusieurs dispositifs réduisent ou suppriment la taxe foncière pour certains propriétaires, sous conditions de ressources :

  • les personnes de plus de 75 ans dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas un plafond fixé chaque année sont exonérées pour leur résidence principale ;
  • les bénéficiaires de l'allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) ou de l'allocation aux adultes handicapés (AAH), sous conditions de revenus, peuvent également être exonérés ;
  • les personnes âgées de 65 à 75 ans aux revenus modestes bénéficient d'un dégrèvement forfaitaire de 100 euros sur la taxe de leur résidence principale.

Ces exonérations sont en principe appliquées automatiquement lorsque l'administration dispose des informations nécessaires. Si vous pensez y avoir droit et qu'elles n'apparaissent pas sur votre avis, une réclamation est possible.

Certaines collectivités accordent en outre des exonérations temporaires pour les logements ayant fait l'objet de travaux d'économie d'énergie, sous conditions. Ces dispositifs sont facultatifs et varient d'une commune à l'autre.

Contester son avis de taxe foncière

Une erreur sur la surface, le nombre de pièces, la catégorie du logement ou l'application d'une exonération peut justifier une réclamation. Elle se dépose en ligne via la messagerie sécurisée de l'espace particulier, ou par courrier au centre des finances publiques indiqué sur l'avis.

Le délai pour contester un avis de taxe foncière court jusqu'au 31 décembre de l'année qui suit celle de sa mise en recouvrement. L'avis 2026 peut ainsi être contesté jusqu'au 31 décembre 2027.

Une réclamation ne suspend pas l'obligation de payer. Sauf demande expresse de sursis de paiement, la taxe doit être réglée à la date prévue, et le remboursement intervient ensuite si la réclamation aboutit. Payer en retard au motif qu'une contestation est en cours expose à la majoration de 10 %.

Les points à vérifier en priorité

  • la surface et le nombre de pièces retenus dans le descriptif du bien ;
  • la présence d'éléments de confort qui n'existent pas ou plus (une piscine comblée, par exemple) ;
  • la catégorie du logement, qui détermine le tarif au mètre carré utilisé ;
  • l'application d'une exonération ou d'un dégrèvement auquel vous avez droit.

Le descriptif complet du bien peut être consulté dans le service « Gérer mes biens immobiliers ».

Copropriétaires, bailleurs, vendeurs : qui paie quoi

La taxe foncière est due par le propriétaire au 1er janvier de l'année d'imposition. Plusieurs situations méritent une attention particulière.

En cas de vente en cours d'année, l'acquéreur ne reçoit pas d'avis à son nom pour l'année de l'achat : c'est le vendeur, propriétaire au 1er janvier, qui le reçoit et le paie. Les actes de vente prévoient presque toujours un remboursement par l'acquéreur au prorata du temps de détention, réglé chez le notaire le jour de la signature.

Pour un bailleur, la taxe foncière reste à sa charge. En revanche, la TEOM qui figure sur le même avis fait partie des charges récupérables auprès du locataire. Le bailleur peut donc en demander le remboursement, en général lors de la régularisation annuelle des charges.

En copropriété, chaque copropriétaire reçoit un avis pour son lot. La taxe n'est pas répartie par le syndic, contrairement aux charges de copropriété. Les règles de fonctionnement des charges collectives sont détaillées dans notre rubrique Copropriété & Syndic.

Ce qui se prépare pour 2027

La modération de 2026 pourrait n'être qu'une pause. La revalorisation de 2027 dépendra de l'inflation de novembre 2026. Or les prix sont repartis à la hausse au printemps et à l'été 2026, dans un contexte de tensions sur l'énergie. Si cette tendance se confirme à l'automne, la revalorisation des bases sera nettement plus élevée l'an prochain.

Plusieurs analyses relèvent également qu'à partir de 2027, les communes et intercommunalités pourront faire mettre à jour d'office la valeur locative de certains logements anciens pour tenir compte d'éléments de confort non pris en compte. Les modalités précises de ces mises à jour restent à suivre.

Enfin, la révision générale des valeurs locatives des locaux d'habitation, qui doit remplacer des bases calculées sur des loyers de 1970, a été repoussée à plusieurs reprises. Elle reste un sujet de fond pour l'équité de l'impôt, sans calendrier d'application arrêté à ce jour.

Questions fréquentes

Quand paie-t-on la taxe foncière 2026 ?

La date limite est fixée au 15 octobre 2026 pour les paiements par chèque ou en espèces, et au 20 octobre 2026 pour les paiements en ligne ou par prélèvement à l'échéance. Les propriétaires mensualisés continuent de payer selon leur échéancier, ajusté après réception de l'avis.

De combien augmente la taxe foncière en 2026 ?

La revalorisation nationale des bases est de 0,8 %. Si votre commune et votre intercommunalité n'ont pas modifié leurs taux et que votre bien n'a pas changé, votre taxe augmente de 0,8 %. Dans le cas contraire, la hausse peut être plus forte.

Peut-on payer la taxe foncière en plusieurs fois ?

Oui, en adhérant à la mensualisation, qui étale le paiement sur dix mois de janvier à octobre. Pour 2026, il est trop tard ; l'adhésion pour 2027 est possible jusqu'au 15 décembre 2026 dans l'espace particulier.

Un locataire doit-il rembourser la taxe foncière ?

Non. La taxe foncière reste à la charge du propriétaire. Seule la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, qui figure sur le même avis, peut être récupérée auprès du locataire au titre des charges.

Que faire si mon avis contient une erreur ?

Déposez une réclamation via la messagerie sécurisée de votre espace particulier ou auprès de votre centre des finances publiques, avant le 31 décembre 2027 pour l'avis 2026. Payez néanmoins à l'échéance pour éviter la majoration de 10 %.